Un système alimentaire durable pour 2030

Manger mieux, plus sainement en développant les filières locales

Dijon porte un projet original qui la place parmi les références françaises en matière d’agroécologie. Agriculture périurbaine, agroécologie, biodiversité, environnement, alimentation… Dijon a de l’ambition et nourrit un projet original.

La preuve : la métropole fait partie des 24 lauréats de l’appel à manifestation d’intérêt de l’État « Territoires d’innovation de grande ambition » (Tiga), parmi 117 candidats de toute la France.

L’ambition à 10 ans est de faire de Dijon métropole la vitrine d’une agriculture performante et durable en milieu urbain et péri-urbain, basée sur des modèles économiques viables pour des productions locales créatrices d’emplois.

Elle repose à la fois sur la création d’un nouveau modèle de production agroécologique à haute performance environnementale et le partage vertueux des ressources entre la ville et le monde agricole.

Fort de ses acteurs innovants dans ce domaine (recherche, entreprises) et de sa renommée patrimoniale et gastronomique, le bassin de vie de Dijon a l’ambition de devenir d’ici à 10 ans le territoire démonstrateur d’un système alimentaire durable servant de modèle aux métropoles nationales et internationales. Cette ambition repose sur une approche systémique touchant à l’ensemble des activités de production, d’échange, de transformation, de distribution et de consommation d’un territoire.

Les vingt-quatre lauréats bénéficieront dès 2018 d’un accompagnement et d’un appui financier pouvant aller jusqu’à 400 000 € pour affuter leur projet. Mi-2018, un appel à projet sera lancé pour sélectionner et accompagner un nombre limité de territoires d’intérêt national, destiné à améliorer la qualité de vie des habitants et d’augmenter la durabilité des territoires, avec à la clé, une enveloppe de 450 millions d’euros sur 10 ans pour les projets sélectionnés. ​

Gérard Ferrière, directeur du Jardin des sciences : «En 50 ans, la France a perdu l’équivalent d’un département comme le Gard en terres agricoles. Dijon a pris conscience que l’agriculture était un enjeu majeur. Dans ce projet, nous travaillons sur quatre piliers : l’économie, le respect de l’environnement, l’innovation des cultures (observations sur les insectes, expériences sur la vigne) et l’aspect social pour sensibiliser les citoyens».

Dijon food lab 2030

Transformer le système agricole à l'échelle des territoires

Expérimenter un nouveau modèle de consommation pour :

  • Une meilleure alimentation et santé des populations
  • Sécuriser les agriculteurs (aide à la transformation des productions, formations)
  • Améliorer la qualité nutritive et environnementale des productions agricoles locales
  • Mieux préserver l'environnement et la biodiversité grâce à une agroécologie innovante
  • Permettre un accès facilité aux produits locaux de qualité grâce à des applications novatrices
  • Augmenter la production agricole locale consommée par les habitants
  • Certifier, se porter garant des productions par la création du label « DijonAgroécologle » et d'un Indicateur évaluant la croissance de la consommation des productions locales

Un écosystème performant

Réseau FoodTech Dijon-Bourgogne-Franche-Comté  au service du développement des entreprises de la "fourche à la fourchette connectée".

Pôle de compétitivité et d'innovation : Vitagora, lauréat "Gold" du cluster management excellence et partenaire de 6 clusters internationaux et Agronov, le seul technopôle dédié aux agrotechnologies et à l'agroécologie.

Enseignement supérieur, recherche et transfert de technologie : AgroSup Dijon, un des sept grands établissements français en agronomie et Burgundy School of Business / School of wine and spirits business, accrédités AACSB/EQUIS avec un master management commerce des vins et spiritueux.

Laboratoires de renommée internationale : Centre des sciences du goût et de l'alimentation, UMR Procédé alimentaires et Microbiologiques, INRA.

Sayns Agoalimentaire : société d'accélération du transfert de technologie du Grand Est.

L'université de Bourgogne abrite la seule chaire Unesco au monde dédiée aux culture et traditions du vin

Des entreprises leader : SEB, Bericap, Tetrapak, Dijon céréales, Eurogerm, Mulot & Petitjean, Gabriel Boudier, Lejay-Lagoutte, L'Héritier-Guyot, Briottet, Amora, Maille, Unilever, Apidis...

Dijon facilite l'implantation d'agriculteurs, de maraîchers, de vignerons...

La métropole aura bientôt ses fermes avec ses œufs Label rouge, son cassis, ses truffes… L’objectif est de favoriser toute la chaîne, de la fourche à la fourchette, avec un label dijonnais de qualité et de proximité. «C’est un signal fort en faveur d’une agriculture innovante, poursuit Gérard Ferrière. Il y a une prise de conscience. Les consommateurs veulent une alimentation saine, de proximité et plus juste.»

Le potager des ducs, des légumes 100 % dijonnais

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Mathieu Lotz ne vient pas du monde agricole. Ancien ingénieur en logistique, il a changé de trajectoire et a repris des études pour obtenir un brevet professionnel de responsable d’exploitation agricole. Il travaille d’abord chez différents maraîchers, apprend, puis présente son projet à la chambre d’agriculture et au Jardin des sciences. le voilà aujourd’hui installé dans les serres municipales de la ville. « Cela me convenait bien de commencer en m’insérant dans une structure existante. J’exploite une serre horticole de 300 m2 qui produit de jeunes pousses et une parcelle extérieure de 3000 mètres carrés pour la culture de légumes : tomates, poivrons, radis, aubergines… ».

Il propose sa production à des chefs dijonnais et souhaite à terme vendre aux particuliers. « Avec ma surface restreinte, je cherche des cultures à forte valeur ajoutée comme des tomates anciennes. Je travaille beaucoup sur le goût et l’esthétique. » il souhaite aussi développer des ateliers pédagogiques pour sensibiliser les plus jeunes au goût et à la culture maraîchère.

Cassis : première récolte attendue à l’été 2019

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Une agricultrice s'est installée sur le plateau de La Cras, entre Dijon, Corcelles-les-Monts et Plombières-lès-Dijon. En 2017, elle a planté huit hectares de cassis « noir de Bourgogne ». Une production destinée aux quatre liquoristes dijonnais • Lejay-Lagoute, Briottet, Boudier et L’Héritier-Guyot • qui, jusqu’à présent, s’approvisionnaient dans d’autres régions françaises voire d’Europe.

Certes, l’appellation « cassis de Dijon » est une indication géographique qui encadre la fabrication mais pas la provenance des fruits. Pour autant, « les professionnels entendent développer une production avec des fruits récoltés sur notre territoire », se réjouit Jean-Dominique Caseau, président du syndicat des fabricants du cassis de Dijon.

Un champ de moutarde au domaine de la Cras

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Ce sont 16 ha de moutarde qui ont été plantés en septembre 2017 entre Corcelles-les-Monts et Plombières-lès-Dijon. C'est Romain Duthu l'exploitant et responsable du site. Il espère une production de 1,5 tonne.

Il projette également avec sa compagne Andréa Debard, de construire un poulailler avec 240 poules pondeuses et un verger de pommiers et cerisiers.

Bon à savoir

Marché dominical de producteurs locaux place des Cordeliers
C’est un nouveau marché à Dijon : le premier dimanche de chaque mois, de 8h à 13h, des producteurs locaux installent leurs étals sur la place des cordeliers, piétonne depuis l’an dernier.

Drive-fermier 21
Autre façon de remplir son réfrigérateur, le Drive fermier de Côte d'Or, installé sur le Marché de l'Agro, 3 rue Léon Delessard. Ce sont une trentaine de producteurs locaux qui proposent plus de 200 produits de qualité. Pour en profiter, c'est simple : inscrivez-vous sur le site  http://www.drive-fermier.fr/21/,  faites votre marché parmi la longue liste de produits disponibles, payez en ligne, en mode sécurisé, jusqu’au mardi minuit et passez récupérer vos achats le vendredi entre 15h30 et 19h30.

Goût, nutrition et santé

La métropole dijonnaise se positionne à la pointe de l'innovation en matière de goût, de nutrition et de santé. Sa filière agroalimentaire forme un écosystème intégré, de la fourche à la fourchette, du laboratoire de recherche à l'industrie. Dijon se positionne comme la ville où se préparent l'agriculture, l'alimentation, le goût et la santé de demain.

Recherche et formation

Côté recherche et formation universitaire, la capitale régionale se place à l'avant-garde. L'Inra, le Centre des Sciences du goût et de l'alimentation et l'école d'ingénieurs Agrosup se penchent sur les enjeux liés à l'agronomie et à l'alimentation, de la fourche à la fourchette. Signe d'une expertise reconnue, l'Université de Bourgogne Franche-Comté abrite la seule chaire Unesco au monde consacrée aux cultures et traditions du vin.